En 2024, Mr. Olympia, le concours de bodybuilding le plus prestigieux au monde, introduira des critères de jugement remaniés. Cette évolution vise à refléter une vision plus moderne et inclusive du bodybuilding. Les juges accorderont désormais une importance accrue à l’esthétique globale, à la symétrie et à la proportion, plutôt qu’à la simple masse musculaire.Ces changements répondent aux critiques récurrentes sur l’impact négatif des anciens critères sur la santé des athlètes. L’objectif est de promouvoir un physique harmonieux et fonctionnel, tout en encourageant des pratiques d’entraînement et de nutrition plus saines. Les compétiteurs et les fans attendent avec impatience les premiers résultats de ces ajustements.
Les critères historiques de jugement au Mr. Olympia
Le Mr. Olympia, orchestré par la IFBB Pro League, demeure le sommet du bodybuilding. Depuis que Joe Weider l’a lancé en 1965, la manière d’évaluer les compétiteurs n’a cessé de bouger. Au départ, deux valeurs dominaient la scène : la masse musculaire et la définition.
Les pionniers et leurs héritages
Les premières décennies du concours ont été marquées par des figures emblématiques comme Arnold Schwarzenegger, Franco Columbu ou encore Frank Zane. Si Schwarzenegger a frappé les esprits avec des proportions hors norme et des bras à la limite du raisonnable, Columbu a impressionné par une densité musculaire rarement égalée. Frank Zane, lui, a choisi une voie différente, misant sur un équilibre et une finesse qui tranchent avec la tendance du muscle à tout prix.
Pour illustrer la diversité des styles, voici les titres majeurs remportés par ces légendes :
- Arnold Schwarzenegger : 7 titres de Mr. Olympia
- Franco Columbu : 2 titres de Mr. Olympia
- Frank Zane : 3 titres de Mr. Olympia
L’ère de la mass monster
Pendant les années 90 et 2000, le concours a changé de visage. C’est l’époque où Dorian Yates puis Ronnie Coleman ont fait exploser les compteurs. La quête de la masse musculaire atteint alors des sommets. Coleman, avec ses 8 victoires, incarne cette période où volume et définition semblaient n’avoir plus de limites. Mais à leurs côtés, certains ont choisi une autre voie : Dexter Jackson et Shawn Rhoden ont brillé grâce à des physiques plus équilibrés, loin de la seule démesure.
| Athlète | Nombre de titres |
|---|---|
| Dorian Yates | 6 |
| Ronnie Coleman | 8 |
| Dexter Jackson | 1 |
| Shawn Rhoden | 1 |
Au fil du temps, les critères ont pu varier, mais trois piliers sont restés : symétrie, proportion et présentation scénique ont toujours pesé dans la balance. Désormais, la tendance amorcée vers des physiques plus sains et mieux proportionnés pourrait bien redéfinir le visage du bodybuilding pour la prochaine génération.
Les changements récents et leur impact sur les compétiteurs
Depuis peu, le Mr. Olympia s’est ouvert à de nouvelles catégories, signe que le bodybuilding ne se résume plus à la course à la masse. Avec l’arrivée de la catégorie Men’s Classic Physique, on revient à une esthétique inspirée de l’ère Arnold Schwarzenegger et Frank Zane. Des athlètes comme Chris Bumstead incarnent parfaitement cet équilibre : moins massif, mais d’une harmonie qui parle à tous ceux qui regrettent l’époque dorée de la discipline.
Pour chaque catégorie, les juges ont affiné leurs critères. Voici ce qui distingue les principales divisions :
- Men’s Open Bodybuilding : priorité à la masse et à la densité musculaire
- Men’s Classic Physique : recherche d’une esthétique intemporelle et d’une symétrie parfaite
- Men’s Physique : attention portée à l’équilibre, aux proportions et à la définition
Ces nouveaux repères modifient radicalement la façon dont les athlètes se préparent. Le choix de la catégorie conditionne l’entraînement, la diète, mais aussi la stratégie de pose et la présentation. Les juges, eux, doivent faire preuve d’une rigueur encore plus grande pour départager des profils parfois très proches, mais porteurs de philosophies différentes.
L’élargissement des catégories a aussi favorisé la présence féminine dans le bodybuilding. Aujourd’hui, Women’s Physique, Bikini et Women’s Wellness offrent des espaces où chaque athlète peut exprimer une vision singulière du sport. Cette ouverture multiplie les styles sur scène et permet à davantage de talents de viser le sommet.
Les attentes pour Mr. Olympia 2024
Le cru 2024 du Mr. Olympia suscite une attente particulière, alors que les règles du jeu évoluent et que la scène mondiale voit émerger de nouveaux visages aux côtés des cadors.
Les favoris et challengers
Le champion en titre, Samson Dauda, arrive sous les projecteurs. Sa victoire en 2024 a marqué un tournant : masse, définition, mais aussi équilibre, il coche toutes les cases du nouveau cahier des charges. Face à lui, Hadi Choopan (sacré en 2022) et Derek Lunsford (vainqueur 2023) affûtent leurs armes pour s’aligner sur les nouvelles exigences.
Du côté de la Men’s Classic Physique, Chris Bumstead continue d’imposer sa loi. Sa force ? Une symétrie sans faille, alliée à une musculature en progrès constant. Pour la Men’s Physique, Ryan Terry tentera de conserver sa couronne, mais la pression monte : Keone Pearson, champion en 212 Bodybuilding, pourrait bien bousculer la hiérarchie.
Les catégories féminines
Côté femmes, la compétition promet aussi de beaux duels. Isa Pereira Nunes règne sur la catégorie Wellness, tandis que Lauralie Chapados survole la scène Bikini. En Figure et Women’s Physique, les noms de Cydney Gillon et Sarah Villegas s’imposent : deux athlètes qui repoussent les limites de leur discipline, saison après saison.
Les athlètes à surveiller
Dans la catégorie Fitness, Missy Truscott continue d’impressionner par sa puissance et sa créativité. En Ms Olympia, Andrea Shaw n’entend pas céder sa place de leader. Harold Kelley, figure du Wheelchair Bodybuilding, rappelle à tous que la détermination et l’exigence n’ont pas de frontières.
L’édition 2024 s’annonce comme un rendez-vous où chaque catégorie portera haut ses standards. Sur scène, les athlètes ne se contenteront pas de défiler : ils devront incarner cette nouvelle ère du bodybuilding, celle qui conjugue santé, esthétique et inspiration. Le rideau se lève sur une compétition où l’harmonie du corps et la force de caractère pourraient bien faire la différence.


